Ayant toujours vécu parmi des musiciens, j’ai, tout naturellement, toujours fait de la photo de concert, et même si je le considère comme un “art mineur “, je ne pense pas pour autant qu’il s’agisse d’un genre facile. Aujourd’hui, de nombreux photographes s’y essayent et croient même y exceller tout en présentant un travail lamentablement mauvais, micros masquant la moitié de la figure, visages hagards, les yeux fermés… un faciès grimaçant derrière un micro rutilant n’est pas le meilleur hommage que l’on puisse rendre à un artiste.
Au delà de ces considérations purement techniques qui découlent du simple bon sens, le choix des photos que je présente répond à une question aussi évidente que simple : “Est-ce que j’aimerais que l’on montre cette image de moi ?“ et il m’arrive de répondre “ Non !“, dans ce cas, quelles que soient les qualités que l’on pourrait trouver par ailleurs à la photo, elle est inexorablement écartée.
Saisir la concentration et la passion dans le geste de l’artiste est un challenge que je m’efforce de relever à chaque fois…
J’ignore ce qu’est un artisan du temps. En revanche, ces musiciens aux visages sans expression, semblent hors du temps. A regarder ces images, les instruments employés, les visages impassibles, on imagine qu’ils interprétaient un répertoire moyenâgeux. Les instruments à cordes, que sont le violon et la contrebasse, sont définitivement les plus photogéniques !
La vérité c’est que j’ignore aussi ce qu’est un artisan du temps… le titre de cet article est simplement le titre du dernier opus de ce quintet qui mélange jazz et musique des Balkans dans des compositions assez réussies qu’on a davantage envie d’écouter que de photographier 😉