Ayant toujours vécu parmi des musiciens, j’ai, tout naturellement, toujours fait de la photo de concert, et même si je le considère comme un “art mineur “, je ne pense pas pour autant qu’il s’agisse d’un genre facile. Aujourd’hui, de nombreux photographes s’y essayent et croient même y exceller tout en présentant un travail lamentablement mauvais, micros masquant la moitié de la figure, visages hagards, les yeux fermés… un faciès grimaçant derrière un micro rutilant n’est pas le meilleur hommage que l’on puisse rendre à un artiste.
Au delà de ces considérations purement techniques qui découlent du simple bon sens, le choix des photos que je présente répond à une question aussi évidente que simple : “Est-ce que j’aimerais que l’on montre cette image de moi ?“ et il m’arrive de répondre “ Non !“, dans ce cas, quelles que soient les qualités que l’on pourrait trouver par ailleurs à la photo, elle est inexorablement écartée.
Saisir la concentration et la passion dans le geste de l’artiste est un challenge que je m’efforce de relever à chaque fois…
Le jazz, c’est forcément en noir et blanc, parce que c’est toute son histoire, son âme, des champs de coton de Louisiane à nos jours. J’aime ce style dépouillé des couleurs outrancières, débarrassé au maximum des accessoires pour se concentrer sur les musiciens qui font corps avec leur instrument. Comme d’habitude, je l’entends dire dans un enthousiasme insatisfait : « j’ai juste fait quelques photos… », et il n’y a aucun mensonge sur le « quelques » !
Cette série a quelque chose en plus : les duos, parfois détendus, parfois très concentrés, mais dans tous les cas à leur affaire. Là on se dit, ça joue !
Et certains diront: « Je connais des photographes qui ont pris 200 photos à ce concert ! » et bien soit, moi j’avais seulement une pellicule 12 poses 😉
beautiful 🙂